prefabrique_electrique

Cassandre Fournet, une peintre qui donne vie aux paysages qu’elle rencontre

Nous sommes aujourd’hui ravies de vous présenter le travail de Cassandre Fournet, peintre toulousaine (de cœur), qui a accepté de répondre à nos questions :

Avant toute chose, peux-tu nous parler de ton parcours ? 

Oui, j’ai vécu à Chartres en Eure-et-Loir jusqu’à ma majorité. J’en suis partie, baccalauréat STG en poche, pour faire une année préparatoire à l’école Marcel Duchamp de Châteauroux. Il me semblait ainsi mettre le plus de chance de mon côté afin d’entrer dans une école d’art. J’ai parcouru un bon bout de la France et lancé mon dévolu sur Toulouse, cette ville où je me suis sentie bien dès le premier jour et qui m’a « adoptée » depuis un peu plus de 5 ans maintenant. J’ai passé mon DNAP à l’ISDAT, puis j’ai choisi de continuer jusqu’à la 5ème année où j’ai obtenu mon DNSEP avec mention pour l’engagement dans mon travail.

 

parc_du_labyrinthe

 

Et d’où te vient cette passion pour la peinture ? 

J’ai toujours aimé peindre et dessiner et ce depuis que je suis très jeune, cela peut paraître très cliché mais petite je disais que je voulais devenir peintre. Maintenant la question qui se pose encore est : Est-ce que j’arrive à me revendiquer artiste ? Cela est encore très dur malgré ces années intensives aux beaux-arts.

 

Quels sont les thèmes que tu explores dans tes œuvres ? 

C’est à la fin de ma 1ère année aux beaux-arts que j’ai commencé à réellement m’intéresser aux paysages et à sa construction, notamment grâce au livre d’Anne Coquelin, L’invention du paysage.

Je remplace souvent le terme de paysage par lieu ou encore environnement. Je fais une différence entre le paysage et la nature, car finalement le paysage est une nature façonnée par la main de l’homme mais aussi par son regard. Sans l’homme le paysage n’existerait pas. J’aime penser que la nature est là où nous ne la regardons pas…

 

Comment expliques-tu cet engouement particulier pour le paysage ?

Ce qui m’attire dans les paysages ce sont les formes (qu’elles soient géométriques ou non), les revêtements sur certaines façades, les architectures modernes, les lieux abandonnés, les friches (…) mais aussi la lumière qui a une part très importante dans mon travail. Les arbres sont aussi des éléments très présents dans ma peinture, avec le temps c’est presque devenu une obsession. Je m’imagine que les troncs représentent les immeubles ou autres habitations et que les feuilles elles, sont les habitants…
Mon travail peut d’ailleurs être très urbain avec des villes comme Paris ou encore Berlin, mais aussi beaucoup plus rural avec des villes comme Brive-la-Gaillarde, Châteaudun… Ce qui fait voyager le spectateur en se posant la question du « où est cet endroit ? », « Je crois le connaître… ».

 

Cassandre

Quelle est ta méthode de travail ?

Je travaille toujours d’après mes photographies, à l’exception d’une collaboration que j’ai pu faire avec Timothy Hannem, photographe et auteur de l’ouvrage Urbex. 50 lieux secrets et abandonnés en France. Je réalise mes photographies (qui ne sont pour moi que des documents de travail) lors de marches, promenades, voyages… ou alors au hasard d’une simple « découverte ». Le hasard et l’obstination ont une part très importante dans mon travail. Il m’arrive de retourner plusieurs fois sur un même lieu afin d’avoir l’ombre parfaite que je recherche et que je m’imagine.

 

 

Comment toi, tu vois tes œuvres ? 

L’ironie, voir le cocasse peut être plus ou moins visible dans mon travail et ce à des degrés différents. J’aime comparer mes dessins, mes peintures à des panneaux de sortie de village quelque chose qui peut nous perturber, voire retenir notre attention lorsque l’on passe devant.

Il m’arrive de ressentir un certain sentiment de nostalgie envers des lieux que je représente et ce même pour le cas des lieux que je n’ai pas réellement vu (cf. mon travail de collaboration).

Le graffiti tient une place importante dans ton travail, saurais-tu expliquer pourquoi ? 

deap_or_dead

 

Oui, dans différents projets, la pratique du graffiti est représentée. L’objectif n’est pas de valoriser cet acte mais plutôt de dé-hiérarchiser chaque élément de la construction de ma peinture ou de mon dessin. Le graffiti, de par son coté éphémère, rappelle la fragilité du lieu mais fait aussi écho aux changements constants : un changement qui se fait par le biais du vandalisme mais également par le temps qui passe (intempéries, années qui passent…).

 

 

L’histoire du lieu, du paysage, jouent-ils un rôle dans ton processus de création ?

azf_1_3

Oui, je porte un certain intérêt à l’histoire des lieux,  j’aime savoir ce qu’ils étaient et ce qu’ils vont devenir. Je fais énormément de recherches avant de me rendre sur un lieu mais aussi après.
Je m’intéresse notamment beaucoup aux lieux que l’homme a construit et qui, dans de nombreux cas, finissent à l’abandon. La question de la ruine, de l’évolution d’un endroit, m’anime tout comme l’histoire que celui-ci peut avoir. Certains lieux que j’ai choisi ont d’ailleurs une histoire assez forte, comme ma série sur AZF (l’ancienne usine toulousaine) ou encore la maison de l’emploi présente à Aubusson (23).

Pour finir, qu’est-ce qui selon toi caractérise ton travail ?

Il m’arrive de comparer ma pratique à celle d’un archéologue avec cette même obsession du détail, le fait d’observer sous toutes les coutures pour comprendre le fonctionnement, le vécu, ce qu’a pu subir le lieu au cours de son existence…

J’aime donner de l’importance à ce que les gens ne regardent pas ou à ce dont ils ne prêtent pas attention, mais également donner comme une seconde vie à des lieux délaissés de l’homme. J’estime faire cela en passant du temps à peindre et dessiner, et dans certains cas en intensifiant les couleurs.

 


Pour découvrir ses nouvelles créations, n’hésitez pas à consulter le compte Instagram de l’artiste ainsi que son site web

Laisser un commentaire