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Exposition : Aurélien Froment et Raphaël Zarka au musée les Abattoirs

A découvrir jusqu’au 8 janvier 2017 :

Au rez-de-chaussée et au sous-sol du musée sont mis à l’honneur deux artistes contemporains :
Raphaël ZARKA et Aurélien FROMENT.

Ces deux hommes sont des artistes d’une quarantaine d’années qui ont été amené à se croiser plusieurs fois dans leur carrière. Ils connaissent très bien le travail de l’un et l’autre et il leur a été proposé d’exposer ensemble dans le cadre du festival toulousain le Printemps de septembre.
Une expo rien que pour eux donc, avec un nombre d’œuvres très important (belle opportunité puisqu’ils n’avaient jamais eu l’occasion d’en montrer autant d’un coup).

Concrètement, en arrivant, vous risquez d’être un peu déboussolés (on comprend pas tout, c’est un peu flou… mais en même temps, si un jour vous rentrez dans un musée d’art contemporain et que vous comprenez tout, tout de suite, c’est que vous avez la science infuse, ce qui n’est pas notre cas).
C’est le but! L’art doit interpeller le visiteur en général, l’amener à se poser des questions et éventuellement à faire de drôles de têtes ! Le hall rassemble des œuvres, des installations regroupées autour du thème : nature & géométrie.Vous pourrez y admirer des photographies d’objets placés en face de ces mêmes objets posés sur des tables, on a une sorte de dialogue, les œuvres se répondent, et on trouve aussi de petites sculptures formées de kapla (ces petits bouts de bois avec lesquels on construisait quand on était petits). Alors ils sont posés les uns sur les autres sur des tables et c’est quand même un peu frustrant parce qu’on a l’impression de pouvoir participer à ces œuvres, de pouvoir jouer avec, les disposer différemment, alors que non il est bien écrit qu’il est interdit d’y toucher.

Ces sculptures miniatures doivent donc rester tel quel mais elles sont fragiles, et on en bien a eu la preuve lors de notre visite, puisqu’une personne qui est passée trop près a renversé l’un de ces empilages (ce qui doit arriver assez souvent puisque les pièces ne sont pas collées entre elles).

Alors ça nous a intrigué cette histoire, on a mené l’enquête, et il semblerait bien que la volonté de l’artiste ait été au départ de laisser le visiteur libre de toucher à tout pour créer différents assemblages et rendre l’œuvre vivante. Mais pour des raisons pratiques, l’idée n’a pas abouti et il a semblé plus commode de laisser le public en dehors l’œuvre. Et là, on touche à un problème récurrent : comment une institution soumise à des contraintes peut-elle être en accord total avec la volonté de l’artiste? On ne peut pas toujours les suivre dans leur démarche… Et on a souvent des artistes qui veulent que l’œuvre et le public soient en contact, mais ce n’est pas toujours réalisable, ça peut vite devenir n’importe quoi…

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Bon en tout cas, si on comprend pas vraiment pourquoi on a des tables avec des kapla et des photos étranges autour, l’ensemble est bien présenté. Le musée des Abattoirs a quand même la particularité d’avoir un volume très important, (ce sont d’anciens abattoirs) et ce grand hall a ici été divisé en plusieurs parties par des cloisons qui forment différents espaces dans lesquels on peut déambuler, en s’interrogeant. Vous trouverez ensuite des œuvres monumentales, des assemblages de grande taille (on ne joue pas qu’avec des formes miniatures, on en a aussi de très grandes) de différents matériaux : bois, béton, brique etc.

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Il y a ensuite les salles latérales où vous pourrez visionner trois vidéos dans l’une (très belles vidéos) et de nombreuses œuvres installées dans les autres, très intéressantes !

Coup de cœur pour l’une des salles où l’on peut admirer une sorte de tapisserie : sur tout un mur de la pièce se trouve un « catalogue raisonné » des rhombicuboctaédres – oui c’est aussi pour ça qu’on aime l’art contemporain ! on découvre des œuvres, des mots, et de nouveaux concepts.
img_6300Cette tapisserie présente un tas d’images, des images très variées : des peintures de la Renaissance, une image du film Harry Potter, des photographies, des dessins, des publicités, qui ont toutes un point commun : celui de faire apparaître des formes géométriques. Oui on est vraiment dans la recherche de forme tout au long de cette exposition. Coup de cœur aussi pour un très beau mobile d’Aurélien Froment, métallique (une sculpture suspendue au plafond).

Il y a tellement de choses de toute façon, qu’à priori, vous trouverez bien votre coup de cœur vous aussi !

img_6310L’exposition consacrée à ces deux artistes se poursuit au sous-sol. Vous pourrez y admirer de nombreuses sculptures en bois, installées face à des photographies en noir et blanc. Les deux supports se marient à merveille !

Il y a une salle, qui présente des photos de skateurs uniquement, qui skatent sur de grands volumes géométriques et il faut savoir que l’artiste a déjà créé des modules en bois pour qu’ils servent de rampes à des skateurs professionnels, mais bon, là aussi c’est pas toujours évident à réaliser mais son idée était bien là encore une œuvre ouverte (comme il a déjà eu l’occasion de le proposer à Poitiers, en invitant des skateurs à tester les rampes au sein du musée). Ça aurait un peu été le bordel là aussi… Donc avis aux skateurs, vous pouvez y aller pour le plaisir de vos yeux seulement, vous pouvez laisser la planche à la maison, mais un jour qui sait? Vous pourrez peut-être skater dans un musée grâce à cet artiste!

Entre les deux salles vous découvrirez une vidéo qui interpelle, elle s’intitule « Théâtre de poche », elle montre un homme qui s’amuse avec des images en les déplaçant face à lui. Bon alors, pour faire un peu le bilan de cette exposition : disons que comme souvent, certaines de ces œuvres contemporaines pourront vous rendre… dubitatifs. Mais ici c’est vraiment l’ensemble qui a du sens. Et d’ailleurs si ces artistes ont du talent, nous souhaitons aussi souligner celui des personnes qui ont mis en scène leurs œuvres. Ça représente énormément de travail et c’est vraiment très bien fait.

Comment peut-on présenter le travail de deux artistes? Comment croiser leurs recherches, leurs motifs, leurs intérêts? On a eu la réponse, le mariage est réussi :)

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On vous encourage donc à y aller, vous allez en prendre plein la vue!

C’est ouvert du mercredi au dimanche, ne vous y pointez pas le mardi! L’accès est à 4€ pour les étudiants (tarif réduit) et 7€ plein tarif, mais non seulement vous aurez accès à cette exposition là, mais aussi à celle qui se trouve au-dessus, CADENCE[S (voir article)

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